« Il avait reçu l’ordre de fusiller les Tsiganes » Ukraine, 1942.

Familles tsiganes avant-guerre en Union soviétique.

Familles tsiganes avant-guerre en Union soviétique.

« J’ai également participé à une Aktion contre des Tsiganes. (…) Le campement se trouvait environ à 30-40km au nord de Kamenez-Podolsk, entre Kamenets-Podolsk et Dunaivtse. (…) A la fin de l’après-midi où nous avons reçu l’information, je suis allé en véhicule avec le lieutenant R. et un membre du SD – dont je ne me souviens plus très bien – jusqu’au campement tsigane. Le poste de gendarmerie devait initialement conduire les Tsiganes  jusqu’à un autre poste de gendarmerie. Les Tsiganes ne pouvaient pas être sédentaires car ils commettaient des vols. Chaque poste s’efforçait de les expulser dans une autre zone. Après la visite du campement, l’homme du SD m’a expliqué qu’il avait l’ordre de fusiller les Tsiganes. Il nous l’a annoncé sur le trajet vers Kamenets-Podolsk. Il a ajouté que la gendarmerie devait s’occuper du barrage nécessaire. Le lendemain, dix gendarmes et environ 50 Schutzmänner sont retournés au campement tsigane en camions et l’ont encerclé. R. et moi étions également présents, ainsi que deux hommes du SD. Le campement a été cerné; les gens du SD et un interprète y sont entrés et ont ordonné aux hommes tsiganes de dire adieu aux leurs et de suivre l’équipe de surveillance. J’ai ensuite contrôlé le barrage et suis aussi entré dans le campement. Il devait y avoir 20-30 tentes. Il y a eu de grands cris lorsque les hommes ont été évacués. Mais aucune résistance sérieuse n’a eu lieu. Les Tsiganes ont été conduits par les gendarmes et l’équipe de Schutzmänner dans une fosse de sable, située à environ 3-4km du campement, dans une forêt. Je suis d’abord resté avec les femmes tsiganes au campement. Je n’ai pas remarqué d’enfants. Les femmes ont ensuite été évacuées après une petite heure. J’ai dirigé le transport des femmes, c’est-à-dire j’ai d’abord conduit un camion jusqu’au site de fusillade, tandis que l’interprète prenait la direction de l’équipe de surveillance. Une fois sur le lieu d’exécution, j’ai remarqué que les derniers hommes tsiganes venaient d’être fusillés. Il y avait deux fosses de sable mesurant 5 x3 m, et environ 3m de profondeur. Les Tsiganes ont dû se déshabiller entièrement et s’allonger sur le ventre, à même le sol de la fosse de sable. »


Source: Archives fédérales allemandes, B162-5071. Déposition d’un gendarme allemand, le 5.10.1960.

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